Paroles de la chanson "Sunny", interprétée par Bouli Lanners dans le film Aaltra de Benoît Delépine & Gustave Kervern
Dans cette interprétation stupéfiante, voire anthologique, d'un karaoké en
Finlande, Bouli Lanners donne une version qui diffère substantiellement de
l'original de Bobby Hebb, et on peut affirmer sans risque de se tromper,
qu'il ne s'agit pas d'un texte en anglais, ou en tous cas, tout en anglais.
Je connais suffisamment le finnois pour garantir qu'il n'y a pas un mot de
cette langue non indo européene (finno-ougrienne pour etre précis)
là-dedans. Varmasti. Pour résoudre ce mystère obsédant, je me suis
astreint a écouter très attentivement. Je détiens sans nul doute le
record mondial du nombre d'écoutes de l'oeuvre. Il faut attribuer cela à ma
conscience professionnelle. En l'absence d'une identification formelle, et
en attendant la découverte d'une pierre de rosette qui nous servirait au décodage complet, appelons cette
langue du yaourt. Il y a, défi à la fois passionnant et intolérable jeté au
polyglotte, quelques bribes compréhensibles dans le yaourt de Bouli
Lanners. Cela est dû au grand nombre de mots anglais qui parsèment le
document. Ils sont, et c'est la surprise, dans la meme unité de registre
thématique. Le texte ci-dessous est une retranscription personnelle de son
texte. Pour agrémenter la lecture, le pur yaourt a été retranscrit
approximativement avec une phonétique naturelle "à l'anglaise", via des
néologismes (dépourvus de sens). Pour être conforme à la prononciation, Sunny devient Sonny.
J'ai résisté à la tention d'être parfaitement conforme à la prononciation, en effet, le
mot qui en résulterait serait homonyme d'une honorable maison Japonaise. Je
ne souhaite pas avoir de procès, le lecteur me comprendra. Il n'est pas
possible de transcrire dans des mots anglais les "u" comme savent les
prononcer les belges, car l'anglais ne les prononce pas de la même manière.
Ils ont été remplacés par [y], qui correspond à l'alphabet phonétique
international (le lecteur appréciera le sérieux de mon travail). Par respect pour le contexte culturel, je tiens à dire que
les finlandais prononcent d'ailleurs le 'y' comme notre "u"... Le "eu", est
aussi noté, selon la règle, [ø]. Il se dégage du phrasé quelque chose,
au-delà de la syntaxe et de la grammaire. Une sémantique presque
structurée émane de la magie de l'oeuvre. Cela est corroboré par
l'étrange écho qu'on discerne avec le clip éponyme proposé comme
supplément du DVD Aaltra... Des mots similaires évoluent dans le texte,
d'un sens vers un autre, jusqu'a l'acmé de cette interprétation originale,
où le sens finit malheureusement par sombrer dans le néologisme obscur. La montée
progressive de la mélopée, et les retranchements dans lesquels le chanteur
doit contraindre sa tessiture sont certainement responsables de
l'approximation croissante du message. Le mystère plane encore sur le rôle
joué par les téléphones mentionnés, et sur l'évidente passion que nourrit l'auteur
pour le verbe "happen" (relation inconsciente avec le "happening" de cette
prestation artistique?). Le texte de Bobby Hebb est à droite, celui de
Bouli Lanners à gauche. Je le dis tout net et sans détour, je préfère celui
de Bouli Lanners, il a plus de... corps.
Commentaires ou contributions à envoyer à vincent@lextrait.com tout spécialement de l'auteur s'il tombe sur cette page via un moteur de recherche... Bien du plaisir à ceux ou celles qui voudraient faire du karaoké sur le texte de Bouli Lanners.
Bouli Lanners |
Bobby Hebb |
Sonny, you fucking haven't d[ø]ze, I'd happen to fire |
Sunny, yesterday my life was filled with rain Sunny, thank you for the sunshine boquet Sunny, thank you for the truth you've let me see Sunny, thank you for that smile upon your face |